PHILIPPE de Lyon

Maître Philippe de Lyon

"Maître" Philippe de Lyon

(1849-1905)


Monsieur Philippe de Lyon Nizier Anthelme PHILIPPE vint au monde en France, le 25 Avril 1849 à 3H00, au lieu dit «Les Rubatiers», hameau d’un petit village de la Savoie nommé «Loisieux», près de Yenne, à la limite du département de l’Ain. Cette naissance eut lieu dans une humble maison de paysans pauvres.

Pendant toute la durée de l’accouchement, Marie Philippe qui, antérieurement avait rendu visite au curé d’Ars, pleine d’allégresse, chanta doucement; elle ne ressentait aucune douleur. Le curé d’Ars lui avait d’ailleurs annoncé que son fils serait un être très élevé.


M. et Mme PHILIPPE eurent cinq enfants: Nizier, Benoît, Joséphine, Auguste, Clotilde.

Le jeune PHILIPPE à l’âge de 14 ans quitta, pieds nus, son petit village pour se rendre à Lyon où il habita chez l’un de ses oncles, établi comme boucher et qu’il aida en effectuant des livraisons chez les clients. Il fit ses études à l’institution Sainte-Barbe, à Lyon, où l’un des Pères s’attacha profondément à lui. Il obtint par la suite le «certificat de grammaire».


Déjà, certaines capacités s’étaient manifestées en lui. C’est ce qu’a précisé M. Schewœbel dans un article du Mercure de France du 16 Juin 1918, où il a rapporté les paroles suivantes de Monsieur PHILIPPE:

«J’ignore tout de moi, je n’ai jamais compris ni cherché à m’expliquer mon mystère. J’avais six ans à peine et déjà le curé de mon village s’inquiétait de certaines manifestations, dont je n’avais pas encore conscience… J’obtenais des guérisons dès l’âge de 13 ans, alors que j’étais encore incapable de me rendre compte des choses étranges qui s’opéraient en moi».


M. Philippe résolut d’étudier la médecine et, à cet effet, il prit quatre inscriptions d’officiat de santé à la faculté de médecine de Lyon, de Novembre 1874 à Juillet 1875. A L’Hôtel-Dieu, il fréquenta divers services dont la salle Saint-Roch, où il suivait assidûment les cliniques du professeur B. Teissier. «Il montrait une grande intelligence», a écrit à ce sujet le docteur Louis Maniguet dans sa thèse, soutenue sous le n°107, le 11 février 1920 et intitulée: "Un empirique lyonnais: PHILIPPE. – Contribution à l’étude de l’influence des empiriques sur les malades. Étude médico-sociale".

Cette thèse de 86 pages avait été inspirée à l’auteur par le professeur Etienne Martin, professeur de médecine légale à la Faculté de Lyon.

La documentation en fut complétée par les professeurs Teissier, Lévy, Schneider et Policard, MM. Fleury Ravarin, Maître Clozel, les docteurs Cusset, Sahuc, Albert, Michel, Commandeur, Bollier, Masson, Carry Gros, Locard, Bricaud.

Dans ses très intéressants Souvenirs sur le Maître Philippe, le regretté André Lalande, membre de l’Institut, a fait également état du passage de M. Philippe dans les services hospitaliers lyonnais: Il fréquenta les hôpitaux de Lyon, très aimé des uns et détesté des autres.


Il consolait les malades et souvent demandait aux médecins de ne pas les opérer. Parfois les malades se trouvaient guéris avant la date fixée pour l’opération. Allant voir les affligés et les malades, distribuant aux pauvres tout ce qu’il pouvait recevoir, M. Philippe retournait de temps en temps en Savoie voir sa famille sans que celle-ci pût se rendre compte de l’étendue de ses ‘pouvoirs’.


Mais on apprit un jour, à l’Hôtel-Dieu, qu’il était guérisseur alors qu’il n’avait pas encore obtenu l’officiel parchemin! Quel sacrilège aux yeux des tenants de la science académique! C’est pourquoi sur l’intervention d’un interne, M. Philippe fut écarté du service du professeur Bénédict Teissier et se vit refuser sa cinquième année comme «faisant de la médecine occulte et étant un véritable charlatan…»

Ce geste inélégant et stupide n’empêcha pas M. Philippe de continuer à se pencher sur la souffrance des autres et de leur apporter le réconfort et la guérison.


Il épousa le 6 Octobre 1877, à la mairie et en l’église de L’Arbresle, Mademoiselle Landar, d’une importante famille d’industriels de Lyon qui - a écrit M. André Lalande -«lui apporta plus qu’une large aisance: plusieurs maisons en ville et, sur les hauteurs de l’Arbresle, le domaine de Collonges, le «Clos Landar», dont le château, la vaste terrasse et les beaux platanes dominent l’entrée».


De cette fortune, M. Philippe usait surtout pour les autres, faisant remettre discrètement ou portant lui-même à ses malades pauvres des secours ou des médications.


C’est comme consultante que mademoiselle Landar avait fait la connaissance de M. Philippe, alors que l’on désespérait de la sauver; elle fut effectivement guérie par lui et l’épousa peu après.

Le contrat de mariage portait les indications suivantes:

«M. Nizier Anthelme PHILIPPE, chimiste, demeurant à Lyon, rue de Créguir n° 7, fils majeur et légitime de M. Joseph PHILIPPE et de Mme Marie VACHOD, propriétaire demeurant à Loisieux, canton de Yenne (Savoie) et de Mlle Jeanne Julie LANDAR, demeurant avec sa mère à l’Arbresle, lieu de Collonges».


Jeanne-Julie Landar, épouse Philippe, était née le 18 Septembre 1859. Elle mourut le 25 Décembre 1939. Son corps repose avec celui de son mari et de leurs deux enfants, Albert Philippe (mort à 3 mois), et Victoire Philippe, épouse Lalande, à Loyasse.

Victoire Philippe se maria le 2 Septembre 1897 avec le docteur Emmanuel Marc Henry Lalande «Marc Haven» et mourut prématurément en 1904.

Le docteur Lalande se remaria par la suite (1er Mars 1913), comme M. Philippe le lui avait annoncé, avec une amie dévouée des Philippe et des Lalande, Mme veuve Olga Marshall, née Chestakoff, qui fut, elle aussi, une compagne admirable pour lui. Mme Lalande vécut à l’Arbresle (Clos Landar), dans le culte de tous ces grands et chers disparus et y mourut le 27 Décembre 1952.

Elle publia, à Lyon dans l’année 1948, une brochure "Lumière blanche. – Évocation d’un passé", et qui est consacrée à M. Philippe.


Ce fut en 1885 que M. Philippe, après avoir habité (entre autres lieux) Boulevard du Nord, vint se fixer dans un petit hôtel particulier, sis au 35 de la rue de la Tête-d’Or, à Lyon également. C’est dans ce petit hôtel, comportant plusieurs étages, séparé de la rue par un jardinet et un mur élevé, que M. Philippe devait donner ses consultations les plus retentissantes et obtenir certaines de ses guérisons les plus troublantes.


Quelques exemples de guérison
:

Le vendredi 21 Mai 1897, une petite fille de dix ans est amenée par sa maman. L’enfant se traînait sur son séant, ne pouvait faire aucun mouvement de ses jambes et présentait une déviation marquée de la colonne vertébrale.

La mère explique que cette enfant, qui est l’aînée de quatre autres se portant bien, est dans cet état depuis 7 ans et que les médecins n’ont obtenu aucune amélioration. M. Philippe lui demande alors si elle veut payer ce que l’on va lui demander.

Elle se met à pleurer.

«Ce n’est pas une fortune matérielle que je demande», lui explique M. Philippe, «mais seulement la promesse de ne jamais médire de personne jusqu’à ce que votre fille ait 20 ans. Le promettez-vous?».

Sur la réponse affirmative de la mère éplorée, M. Philippe fait mettre l’enfant à terre et dit: «Examinez votre enfant et voyez s’il y a de l’amélioration».

C’était exact. Alors s’adressant à la fillette: «Lève-toi toute seule, sans t’appuyer sur le banc». Après quelques efforts, l’enfant se leva devant toute l’assemblée, dont l’émotion était à son comble.


Le mardi 30 Août 1898, plusieurs guérisons immédiates sont obtenues, dont celles d’une femme relevant de couches et venant de l’Hospice de la Charité.

Cette femme était infirme d’une jambe et ne pouvait marcher. Un appareil avait été fixé pour soutenir sa jambe. M. Philippe affirme à la malade qu’elle va pouvoir se passer de son appareil.

Il demande d’abord au docteur Encausse de passer dans une chambre voisine avec la malade, pour cliniquement examiner la jambe atteinte. Après l’examen, ils reviennent dans la salle commune.

La femme n’a plus son appareil (ôté par le docteur Encausse), elle déclare souffrir beaucoup moins et avoir bien plus de force.


Un jour arrive une femme dont l’extérieur dénote une certaine aisance. Son enfant, une petite fille de dix mois, est atteinte d’une bronchite tuberculeuse, compliquée de tuberculose intestinale. Le médecin de la famille vient, en consultation avec un professeur, de déclarer l’enfant irrémédiablement perdue.

«Madame, dit M. Philippe, vous n’êtes pas assez riche pour nous payer. Vous pouvez avoir de la richesse matérielle, mais vous dites tant de mal des uns et des autres, et vous avez si peu partagé votre avoir avec les pauvres, que vous n’avez que bien peu de cette monnaie d’épreuves, de souffrance et de dévouement, la seule que le Ciel connaisse, la seule que, dans son insigne faveur, il nous ait autorisé, bien que nous en soyons indigne, à escompter.

La monnaie de César n’a pas cours ici, seule la monnaie du Christ y est respectée. Et cependant vous venez à nous pour que le Ciel guérisse votre enfant?»

On devine la réponse de la mère.

- «Eh bien! Nous allons demander aux personnes ici présentes de se cotiser pour guérir votre enfant. Alors, promettez-moi tous de ne pas dire du mal de votre prochain hors de sa présence pendant 3 jours. Est-ce promis?»

- «Oui.»

- «Madame, me promettez-vous, et faites attention que la vie de votre enfant en dépend, de ne plus calomnier vos amis?»

- «Oh ! Je le promets de tout mon cœur et pour toujours.»

- «Je vous demande seulement 3 mois d’efforts; allez, votre enfant est guérie.»


Une mère dont le fils était en danger de mort vint supplier M. Philippe de sauver son enfant. M. Philippe hésita et, devant l’angoisse de la mère qui se traînait à ses pieds, il dit: «Puisque tu le veux, il va guérir, mais tu l’auras voulu…».

Étonnement de l’assistance devant cette remarque… Or, un an après, la même femme revint et, de nouveau elle était en larmes. M. Philippe lui dit alors: «Eh bien! Tu as voulu qu’il guérisse.» Or le jeune homme venait de tuer son père…

J. Bricaud a donné quelques détails intéressants sur l’organisation habituelles des séances:

«Elles étaient bi-quotidiennes. Dès l’arrivée des malades, M. Philippe opérait deux sélections, leur demandait s’ils venaient pour la première fois ou s’ils avaient déjà suivi le «traitement»; puis il renvoyait les personnes susceptibles de troubler l’atmosphère ‘fluidique’.

Les assistants étaient placés sur des rangées de chaises et sur des bancs, comme à l’église, et il était recommandé de se recueillir, pendant que lui-même se retirait dans une pièce voisine. Lorsqu’il faisait son entrée définitive, il disait ordinairement: «Levez-vous!». Puis il prescrivait le Recueillement pendant quelques minutes et une invocation à Dieu.

Pendant ce temps, il regardait, tour à tour et fixement, les assistants. Il les faisait assoir et les mains derrière le dos, appliqué à tout voir, il se promenait dans l’allée centrale. Puis, brusquement, s’arrêtait devant un malade, le touchait et, le regardant fixement, il lui intimait l’ordre de guérir.

Il poursuivait le tour de l’assemblée, accordait à chacun quelques minutes d’attention et, posant bien souvent la main sur l’épaule, il disait: «Allons! Allons, ça ira!», parlant avec assurance de la guérison. Il faisait quelquefois des passes magnétiques sur certains malades, recommandait à d’autres de prier dans des conditions déterminées.»

Le considérant comme un vulgaire charlatan, bien qu’il ne réclamait jamais d’honoraires, et déplorant qu’il leur enlevait une bonne partie de leur clientèle, les médecins de la ville le firent traduire plusieurs fois devant le tribunal correctionnel pour «exercice illégal de la médecine».

Il fut condamné, le 3 Novembre 1887, à une amende de 15 francs. En 1890, il fut à nouveau poursuivi et condamné à 46 amendes de 16 francs. Puis, en 1892, il fut traduit deux fois devant le tribunal correctionnel, acquitté la première fois, et condamné la deuxième fois à 29 amendes de 15 francs. Ses défenseurs habituels, précise J. Bricaud, étaient Maître Clozel, avocat à la cour d’appel et maître Fleury-Ravarin, ancien député.

Un procureur de la République, témoin de ses guérisons et sachant tout le bien qu’il faisait, le préserva pendant plusieurs années. Finalement, les médecins lyonnais se lassèrent de poursuivre M. Philippe. Il y en eut même qui lui envoyèrent ceux de leurs clients dont les cas étaient les plus embarrassants.


Mais M. Philippe n’était pas seulement un thérapeute digne de ce nom, il avait encore d’autres capacités, telles celles de commander aux éléments.

Papus (Gérard Encausse) disait de M. Philippe:

«Il m’a appris à essayer d’être bon; il m’a enseigné la tolérance envers tous et pour les défauts d’autrui; la nécessité de ne pas dire du mal, la confiance absolue dans le Père, la pitié pour la douleur des autres; enfin, il nous a montré qu’on ne pouvait évoluer qu’en partageant les souffrances des autres et non en s’enfermant dans une tour d’ivoire de crainte de perdre sa pureté et sa sagesse.»

«Voilà pourquoi j’essaye de remuer un peu l’Humanité, de répandre autour de moi quelques idées qui ne proviennent pas de mon cerveau et de propager les deux grandes Vertus qui nous viennent du Ciel: la Bonté et la Tolérance.»


Quelques anecdotes
:

Le 26 Mai 1898, à 17H15, Gérard d’Encausse était en compagnie de M. Philippe dans la cour du 35 de la rue de la Tête-d’Or à Lyon.

Il fumait; il me dit, tout à coup:

- «Tu n’as pas peur?».
- « Non, répondit Papus, j’espère; pas avec vous!»

Et, à la seconde, la foudre tomba à 2 mètres de nous en éparpillant le gravier ».

- «C’est quelque chose que l’on est venu me dire» expliqua M. Philippe.

Et il continua à fumer. Le temps était parfaitement clair.


A L’Arbresle, le phylloxéra avait attaqué toutes les vignes, sauf les siennes.

«M. Philippe n’était pas seulement un guérisseur-né comme il s’en trouve de temps en temps et qui, grâce à une faculté psychologique encore inexpliquée par la médecine moderne, réalise des guérisons aussi réelles que surprenantes. Il les dépassait infiniment par son profond sentiment des forces inconnues, de la Présence de Dieu et de son inspiration, en même temps que par son autorité morale sur son entourage et sur les malades, qui venaient le consulter en foule.

Le spectacle de cette action faisait comprendre à ceux qui y assistaient, fût-ce en simples observateurs, ce que purent être les Prophètes entourés de leurs disciples, il faudrait dire le Christ au milieu de ses apôtres», disait de lui André Lalande, membre de l’institut.


Deux dames russes de la Cour, de passage à Lyon, vinrent consulter M. Philippe et firent ensuite les plus grands éloges sur son compte. Le grand Duc Wladimir fit alors sa connaissance à Lyon et, de retour en Russie, le fit appeler. M. Philippe se rendit à l’invitation le 29 Décembre 1900. Le départ eut lieu à la gare de l’Est. Il resta environ deux mois en Russie ou il gagna l’estime de tous ceux qui l’approchèrent et eurent le privilège de l’entendre.

Après son retour en France, il fut l’objet de commentaires si élogieux que les souverains voulurent connaître cet «homme» qui avait fait et laissé une telle impression sur tous.


Ce fut au palais de Compiègne, le 20 Septembre 1901, que M. Philippe fut introduit auprès de l’empereur Nicolas II et de l’impératrice Alexandra. Cette première entrevue fut concluante. Les souverains demandèrent à M. Philippe de bien vouloir revenir en Russie, où une maison lui fut préparée à Tsarskoï-Sélo, la résidence impériale. Très rapidement, M. Philippe eut sur Nicolas II et sur l’impératrice un ascendant tel qu’aucune décision importante n’était prise sans qu’il fût consulté au préalable. L'on a prétendu, de différents côtés, que c’était grâce à la nécromancie, à l’hypnose, aux pratiques spirites, à la suggestion, que M. Philippe avait acquis un tel prestige! C’est là une erreur, car M. Philippe était hostile à toutes ces pratiques.

Le général Spiridovitch, ancien chef de la sûreté personnelle de l’empereur, a confirmé ces faits, en 1928. Le guérisseur était un homme «bon, très pieux, et capable de guérir par la prière, un grand nombre de maladies». (Livre: "Les dernières années de la Cour de Tsarskoïe-Sélo").


Pendant son séjour à la cour, M. Philippe obtint des guérisons qui firent sensation, guérisons dues, bien entendu, à la seule prière et non à la pharmacopée. Enfin, il étonna les médecins russes les plus réputés, par la précision et la sûreté des ses diagnostics.

Les souverains auraient bien voulu que M. Philippe fût titulaire du diplôme français de docteur en médecine. Le Tsar, demanda que le gouvernement français accorde à M. Philippe le diplôme de médecin. Cette demande insolite ne pouvait qu’indisposer les dirigeants français à l’égard de M. Philippe. Ils ne pouvaient évidemment pas se douter que M. Philippe serait ‘remplacé’ un jour par Grégory Raspoutine.

Le président Loubet demeura embarrassé. Sans plus attendre, le Tsar venait de faire nommer M. Philippe, médecin de l’armée russe et conseiller d’État, président d’une commission d’inspection sanitaire.


Anecdotes russes
:

Un ouragan de sable gênait une revue à Tsarskoë-Sélo et un Grand-Duc s’en plaignait. Sur un geste de M. Philippe le vent cessa instantanément et l'on put voir, durant quelques secondes, a rapporté le Docteur Lalande, témoin oculaire, les arbres restés courbés par le vent, qui venait de cesser.


Pendant que le Tsar s'en était allé faire une promenade en yacht et qu’une tempête s’était levée, le docteur Lalande  - qui accompagnait M. Philippe - le vit calmer le vent et la tempête et ce, à la demande du Tsar lui-même.

Sous la pression de l’église orthodoxe et en particulier du confesseur de l’impératrice, Monseigneur Théophane, le même qui allait introduire Raspoutine à la Cour, le couple impérial renonça à faire revenir M. Philippe au palais après le deuxième voyage qu’il fit en Russie en 1902.

De retour en France, M. Philippe échangea jusqu’à sa ‘mort’ une correspondance suivie avec les notabilités russes.


M. Philippe se dépensa sans compter pour venir en aide à tous ceux, ouvriers, paysans ou grands de la Terre, qui souffraient et qui faisaient appel à lui. Mais, s’il avait des amis dévoués jusqu’à la mort, il y avait aussi des envieux, des jaloux, des sectaires ou des esprits forts qui s’efforçaient de lui nuire. Ses deux voyages et ses interventions en Russie, ses relations avec d’autres souverains et non des moindres dont l’empereur d’Allemagne Guillaume II, lui valurent de nouvelles attaques, de nouveaux tourments où une certaine police se distingua.


Le grand chagrin de la vie de M. Philippe fût la mort prématurée, en Août 1904, de sa fille bien-aimée, la douce et jeune
Victoire Lalande, pour laquelle il estima n’avoir pas le droit d’intervenir, lui qui guérissait les étrangers, les inconnus et aurait même ressuscité des morts.

Ce fût le 2 Août 1905, à 56 ans, à 11H30, que ce grand esprit, ce guide qui était tout amour, ce puissant thérapeute des âmes et des corps, quitta notre plan physique, où il avait accompli si fidèlement sa mission et où il avait toujours mis en pratique l’émouvante Leçon d’Amour du Christ, son Maître et son Ami.

Les funérailles eurent lieu, le 5 août, à l’Arbresle, Saint Paul et le cimetière de Loyasse, au milieu d’une énorme affluence; la place de l’église Saint-Paul était noire de monde; la «Ficelle» (c’est à dire le funiculaire) débordée. Cette tombe est encore aujourd’hui un lieu de pèlerinage.


Quelques paroles de M.Philippe
:

«Avant que l’âme ne s’incarne, «on» lui montre pendant trois jours (si elle est très courageuse) tous les événements par lesquels elle devra passer dans la vie. Mais, si elle est poltronne, «on» ne lui montre rien. En effet, bien souvent elle refuserait de vivre. Beaucoup d’avortements sont dus à cette perception consciente des douleurs à venir et au refus de l’âme de venir en ce monde. Au reste, c’est un mauvais calcul, car il faut, tôt ou tard, que cela soit. Remettre les ennuis à plus tard est une méthode illusoire et parfois même maladroite.

Certains pensent que travailler est fait pour amasser des richesses… Oui, cette richesse qu’on laisse parce qu’on ne peut l’emporter! Il y en a bien une qu’on peut emporter, oh! mais si peu, qu’il y en a peu qu’on emporte. Y a-t-il quelqu’un qui tienne ses promesses? – C’est difficile d’aimer son prochain comme soi-même, et pourtant c’est facile: Aimez-vous moins vous-mêmes.

Aucune religion ne sauve si on n’aime pas son prochain comme soi-même.

C’est très facile d’obtenir ce que vous demandez. Vous le pouvez comme moi. Promettez seulement d’avoir la charité et de n’en vouloir à personne. Souvent vous avez des griefs contre quelqu’un, et, pendant un temps infini, presque toujours, vous lui en voulez et vous dites: «Cette personne m’a fait cela». Pourquoi ne pas laisser de côté ce qui s’est passé et revenir ainsi sans cesse sur une chose enterrée? On ne réveille pas les morts. Si vous n’oubliez pas, ne parlez à personne de ces rancunes et tâchez d’oublier en pardonnant. Malheur à la personne qui désire la mort de quelqu’un; il faut qu’à son tour on porte sur elle le même désir.

Comment peut-on arriver à aimer son prochain comme soi-même? Par la souffrance. Nul ne peut comprendre et soulager s’il n’a pas lui-même souffert, et il faut souffrir sans se plaindre tant que la souffrance est supportable, et ne demander de soulagement que lorsqu’elle ne l’est plus. Mais cela demande du temps? Eh oui. Mais rien ne presse, et puis, aide-toi, le Ciel t’aidera. Ainsi un ivrogne qui fait des efforts pour renoncer à boire est certain d’être aidé pour arriver à ne plus boire.

Doit-on sortir une personne de l’erreur même s’il en advient un scandale? Vous avez bien lu aussi qu’il faut sauver un frère même au péril de sa propre vie, et si vous voyez une barque prête à faire naufrage, ne vous jetterez-vous pas à la mer pour faire ce sauvetage sans vous inquiéter de ce qui peut arriver?

Il ne faut pas maltraiter les animaux, car, après la mort, tout ce qui est vivant de l’animal viendrait vous en faire le reproche. Les grandes personnes qui laissent les enfants les maltraiter n’auront, un jour, même plus de quoi élever un animal.

Faites le bien, mais il ne faut pas le faire de façon que tout le monde le sache. Si un laboureur sème des graines, il doit les recouvrir de terre pour les faire germer.

Il ne faut pas craindre de fréquenter quelqu’un de plus méchant que soi car ne croyez pas, contrairement à ce que dit l’Église, qu’en mettant un mauvais fruit à côté d’un bon il puisse gâter celui-ci. Quelqu’un au-dessous de vous montera jusqu’à vous, et vous fera encore monter vous-mêmes.

Chaque être a son chemin; et le chemin de l’un n’est pas celui de l’autre mais tous les chemins sont dans le Chemin.

La colère dégrade l’Homme, l’avilit et le met au rang des inférieurs.

C’est aux vents de la montagne et de la mer que croissent les fleurs les plus robustes et, parmi les épines des buissons, se trouvent les fleurs délicates. Il faut aussi l’air des adversités et les ronces du chemin de la vie pour pétrir de force et de sensibilité notre cœur.

Les maladies ne sont pas des « punitions ». Dieu ne punit pas. Ce que nous appelons « châtiment » ou « punition » n’est qu’une difficulté logiquement attachée à nos actes précédents.

Quand on dit, par exemple, que telle personne est avare, on met les pieds sur son chemin.

Pour nous connaître, voyons ce dont nous chargeons le prochain!

La mort n’existe pas. Le corps rend à la terre la matière qu’à son tour elle lui redonnera par la création d’un autre corps. Mais, si vous voulez être bien après ce changement, cette transformation, il faut préparer votre couchette, car après la mort tous les actes de la vie repassent devant vous.

La mort n’est effrayante que pour ceux qui entourent le mourant.

Ne regarder que le pas suivant; ne pas s’embarrasser d’horizons plus lointain. Ne pas revenir sur les peines passées, il faut marcher en avant sans regarder en arrière. Aimez vous les uns les autres. Veillez et priez, le Ciel peut tout.

Le découragement est un faux-pas. Ne le laissez pas devenir une chute.»

 

Extraits et résumés du livre: «Le maître Philippe de Lyon, Thaumaturge et Homme de Dieu, ses prodiges, ses guérisons, ses enseignements» 11e édition, Auteur: Docteur Philippe Encausse. 408 Pages. - EDITIONS TRADITIONNELLES, PARIS.

Liens:

La croisée des chemins, Paris: http://cdcp.free.fr
www.science-et-magie.com/sm50/sm0006phil.htm
Film: Maître Philippe de Lyon


(http://ecoledevie.fr/81.html)

 

Publié dans : PHILIPPE de Lyon
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